Mycènes
27/03/2025
S'il est un exercice délicat, c'est bien celui de retailler une plume.
Aussi, pour les lecteurs qui ont des stylos de prix, collection ou autre, refermez cette page. Pour les autres, les curieux, les aventuriers de l'atelier ou de la table de cuisine, je partage avec vous ce que j'ai fait, et si je l'ai fait, c'est que c'est possible.
Tout d'abord, je dois avouer que je me suis entraîné, pour ces nouveautés de mon champ d'investigation, sur une plume d'un stylo Jinhao x450 sensée à l'origine être flexible, que je m'applique à rendre un peu plus souple. Aujourd'hui je lui ai fait subir une taille de M à quelque chose comme F, mais j'en ai profité pour enlever un peu de matière sous la plume, gagnant aussi encore un peu de flex.
Jinhao x450 Avant
Donc j'avais une plume ultra-flexible (enfin le modèle très ancien) Kanwrite, achetée avec une autre sur un site indien dont je tairais le nom, et qui m'avait envoyé des plumes un peu obsolètes (si vous devez acheter en Inde, je vous conseille le site Kanwrite - kanpurwriters.com - qui eux ont été de vrais pros avec moi).
Une de ces plumes donc, plus M que F, commandée pour EF, ne donnait satisfaction en rien. Je l'ai montée sur un Jinhao x159 et retaillée en suivant les instructions de l'excellente vidéo de SHAK-MD , que je ne peux que recommander :
https://www.youtube.com/watch?v=ZucgZ1rv4JI
Ensuite j'ai poli la plume avec différents outils, en finissant par la pierre de jade. Bon, la plume n'est pas vraiment plus flexible, bien sûr, mais plus fine oui, et plus précise.
Les photos : d'abord la plume et les essais écrits avant et après, puis les outils, les encres et supports.
Enfin, le Jinhao x159 en action, avec un Haïku.
Plume Kanwrite avant
Plume Kanwrite après

Inspiré par le fabriquant "Fountain Pen Révolution", qui en a reçu l'original,
Adaptation de cartouches pour flux d'encre conséquent sur stylos-plume vus par ailleurs sur ce blog.
J'ai cherché pendant plusieurs mois une solution peu coûteuse pour un débit d'encre constant avec des corps plus souples et des caractères de plus de 8mm (10 à 16 mm).
Et, je suis arrivé à un résultat intéressant en réaménageant un Jinhao 9019, j'en ai ouvert le bas du bloc plume à 5mm et agrandi la sortie du convertisseur à 4mm, qui arrive à s'insérer un peu dans le trou du bloc, limitant les risque de fuite (complément à faire avec de la graisse de silicone sur le pas de vis de la section.
J'ai agrandi également le canal dans l'alimentation en ébonite de la plume, ou en plastique pour les anciennes plumes à tremper réadaptées à cet usage (celles dont le diamètre se rapproche des 6mm).
Enfin, j'ai fabriqué un adaptateur, avec une paille alimentaire en plastique réutilisable, qui prend la place du bloc plume original, et maintient les plumes et alimentations par friction, mais qui permet aussi, en tirant dessus, d'échanger par facilement ces blocs plumes, et d'en avoir en réserve pour changer de plume facilement pendant une session de calligraphie.
Ensuite j'ai réitéré l'opération plusieurs fois, sur plusieurs Jinhao 9019, plusieurs Jinhao 1935, un Jinhao X159, qui ont les mêmes blocs plumes et les mêmes convertisseurs, et enfin sur des Jinhao 9016, de diamètre #6 natif pour les plumes, mais avec les convertisseurs du 9019. Sur ces différents stylos customisés, j'ai adapté, pour partie, des plumes ultra-flexible Kanwrite (les plumes FPR devraient fonctionner mais je n'en ai pas encore commandé), des plumes click flexibles, et avec d'autres adaptateurs ou directement avec certaines plumes sur les Jinhao 9016, des plumes à tremper. Celles que j'ai montées avec succès :
Dominion, Leonard 505, Zebra G, Chemin de Fer, La Ronde, et d'autres.
IMPORTANT
Il me semble indispensable de préciser que, en modifiant ainsi ces stylos-plumes, ils ne pourront plus fonctionner comme auparavant, que pour les aménagements faits sur les blocs plumes et les convertisseurs, ceux-ci seront désormais adaptés à un débit beaucoup plus important, et qu'en cas de mauvaises manipulations, les stylos seront inutilisables.
Arte Povera, l’Art Pauvre, un nom presque tombé dans l’oubli, inhérent à une civilisation ancrée dans la consommation comme moyens, celui de réalisation (si ce n’est un oxymore), comme moyen de positionnement aussi, largement admis et encore plus largement exploité dans la rivalité ostentatoire, presque seule aune désormais, base d’une religiosité économico-sociale à l’exclusivité monolithique.
Aussi, comment ne pas admirer ce courant, mouvement, ou état d’esprit selon certains à l’iconoclastie inhérente qui avait décidé, il y a six décennies, que non, l’argent ne pouvait pas décider de tout, hiérarchiser tout, tout au moins en art. Et que celui-ci, fut-il pauvre, en restait un.
De ce point de vue, L’art Pauvre mérite ce respect, venu sans doute du fond des âges et qui professe, à l’inverse sens plus trop commun, mais malheureusement généralisé, et à l’instar de ce qu’en énonçait Nietzsche :
« Tout ce qui a son prix est de peu de valeur. »
Là est la vraie richesse de l’Arte Povera, sa valeur intrinsèque, celle qui rallie, au-delà du temps et de la vanité des époques, ces jeunes pousses, nées indépendamment ou tardivement, mais le rejoignant, s’y reconnaissant comme l’on sait reconnaître la vérité, même si l’on ne l’a jamais vue.
Calligrafia d’Arte Povera s’en revendique donc, naturellement.
Et dans ce blog au nom de Scriptitans, celui qui écrit, vous trouverez, je l’espère, les bases de cette démarche. Celle qui ici cherche à faire de l’art, celui de l’écriture, pour lui-même.
I) Par ses outils d’abord, fabriqués dans ces deux buts :
– Le faire avec une économie de moyens [ ceux-ci ne restant que des moyens, l’objet ne devant pas surpasser sa destination]
Donc faire, par exemple, des stylos-plume avec ce qui existe sur le marché, en les modifiant si nécessaire à cet usage, avec ce que l’on peut trouver, récupérer, recycler, ou acquérir (à bon marché si possible).
II) Par ses supports ensuite, adaptés bien sûr aux créations, mais choisis avec les mêmes critères :
– Papiers (lisses, granuleux, d’aquarelle, xuan...)
– Bristol
– Etc..
III) Par les vecteurs finalement :
– Les encres, choisies toujours en fonction de ces mêmes critères : coût d’achat non prohibitif
[à l’inverse de ces postures d’expositions de travaux, réalisées dans le but, non avoué mais incontournable, d’afficher les encres les plus chères, comme certains exposent leurs stylos-plume de marque]
Pour ça nous retournerons aux deux premiers points, fabriquant des outils (stylos ou stylets) en fonction des encres meilleur marché, choisissant des supports compatibles, l’œuvre et les moyens d’y parvenir étant les seuls critères.
Scriptitans – Facteur d’Arte Povera
Plus prosaïquement, dans ce blog, nous exposerons les points que nous avons abordés et les solutions que nous y avons apportées, augmentées d’autres encore, nous l’espérons, au fur et mesure de nos avancées.
Exemples déjà réalisés à la rédaction de ce manifeste :
– Augmenter le flux d’encre, pour une meilleure alimentation des plumes flexibles, dans les calligraphies réalisées en A4 (corps de caractère de 5 à 20 mm), et en tenant compte, comme exposé plus haut du coût des encres (grosse flexibilité = gros débit = grosse consommation d’encre)
– Choix des encres de bonne qualité et de prix de revient intéressant, puis aménager les stylos-plume en fonction des flux désirés avec cette encre, ceux-ci dépendant d’autre part du support.
– Après, quand on aura un résultat assez intéressant pour être transposable, sur plusieurs de ces supports, on pourra ajuster avec d’autres encres
– Les supports étant à choisir en fonction des réalisations choisies.